Samedi 3 janvier 2009
Par الريـاض
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Vendredi 12 décembre 2008

لاش تلقي يدك لخدك l’histoire.


Par: Hadj. Mokhtar Hadj Slimane.




         Un point très important est à préciser, les thèmes utilisés dans les poésies chantées dans notre musique sont principalement l’amour, le vin, les plaisir de la vie et la tristesse engendrée par les déceptions amoureuses, cependant, cela n’empêche pas le fait que certaines d’entre elles ont un contexte spécial, racontant un évènement spécifique que l’auteur du poème ou un proche à lui ont vécu.

A ce titre, je ne pouvais résister à la tentation de raconter l’histoire d’une jeune femme dont les déboires ont abouti à la naissance du poème bien connu des musiciens de notre époque, chanté dans la Nouba Dil, à savoir:
 
لاش تلقي يدك لخدك وغيرك في هنى يا مولاي.

Je dois, en toute honnêteté et en toute reconnaissance, préciser que cette histoire véridique m’a été narrée  par notre éminent Cheikh Hadj Mustapha Brixi dont j’admire l’immense répertoire culture musical et dont je remercie, je ne le ferai jamais assez, la disponibilité.

Voici donc l’histoire de Anissa ;

A Baghdad, en l’an 786, au temps où la dynastie des Abbassides tait au pouvoir, Haroun Rachid venait d’être élu Calife et mis dans ses fonctions de chef suprême.

         En faisant l’inventaire de ce que son royaume contenait, il réalisa qu’il y avait des services faisant fonction d’école. Parmi ces services il y avait celui de la culture générale, celui de la promotion religieuse, celui de la médecine et des autres sciences…, bref, il y en avait toute une panoplie. Comme Haroun Rachid était un fervent mélomane, pour preuve il avait en mémoire trois cents (300) Kitâa (قطعة) musicales. Il demanda s’il existai un centre de musique. Dès qu’il sus qu’il n’y en avait pas, il décida d’en créer un. Du fait que Ibrahim El Moussili, qui était le génie de service du moment dans le domaine musical, venait de décéder, le calife sollicita  immédiatement Ishak El Moussili, qui n’était autre que le fils de Ibrahim et qui avait remplacé son père dans l’appréciation populaire car il était aussi doué que ce dernier. C’est ainsi que fut créé la fameux service musical de Baghdad qui a réussi à acquérir une notoriété mondiale et qui a accueilli notre Zyriab.

Après un début de règne très prometteur, le calife avait gagné la sympathie de beaucoup de gens dont l’un était devenu son proche ami. Celui-ci, qui était un très riche et très respectable notable de la ville de Baghdad avait une épouse dont la culture générale, avec un don particulier pour la musique et la poésie, et surtout la beauté était admirable. Le couple vivait heureux et avait une fille de seize ans, Anissa, qui était féerique de beauté et qui assimilait avec une étonnante aisance ce que sa mère, ses autres maîtres et sa propre curiosité lui apprenaient. Puis ce fut le drame… la mère décéda.

Le père, après un moment, ne pouvant rester sans conjoint, se remaria.

La nouvelle épouse, qui était très loin d’avoir les qualités de la défunte, commença, après une période d’adaptation, à imposer ses habitudes et ses opinions. Le mari se résignait mais pour la jeune Anissa, la différence était trop grande pour pouvoir supporter las gâteries de la nouvelle venues. S’ensuivit une tension insupportable pour la jeune fille qui, petit à petit, commença à perdre de resplendissante beauté et se transforma en une fille triste, maigre et d’une pâleur évidente.

         A cette époque là, à chaque grande occasion, et les fêtes des deux aîds par exemple, les proches du Calife essaient de faire plaisir à celui-ci en lui présentant des offrandes qu’il accepte volontiers. Le père de Anissa eut l’idée de lui offrir sa fille, puisque celle-ci ne trouver pas son bonheur dans son nid familial. Lorsque le père présenta la fille, Haroun Rachid la regarde, haussa les épaules car à ses yeux elle n’avait rien d’original et l’accepta juste pour faire plaisir à son père.

         Anissa qui était toujours en possession de son énorme potentiel culturel et scientifique, s’adapta très rapidement à son nouveau milieu. Elle commença même à imposer, par tout son savoir-faire, sa douce et savante personnalité. A un certain moment, elle devint même la favorite du calife. Les autres femmes du Harem, qui étaient restées sans réaction au début, devinrent très jalouse et décidèrent de se débarrasser d’elle au plus vite. Elles élaborèrent un plan dans lequel l’une d’entre elles, pour ne pas être reconnue, s’habilla en haillons, se salit le visage et sortit pieds nus en ville. Elle commença à dire a qui voulait l’entendre que Anissa, la préférée du Calife, était une femme de mauvaises mœurs, qu’elle sortait la nuit, lorsque son maître était endormi, et pratiquait la débauche. La rumeur n’a pas tardé à envahir tout Baghdad et, inévitablement, arriva à tout allure au palais du Calife. En entendant cela, Haroun Rachid décida de châtier Anissa et de l’expulser de son Harem. Bien sur, il était inutile pour elle de crier son innocence. Elle se résigna dons à son sort. Le jeune musicien et ami du Calife, Ishaq El Moussili qui avait, comme nous l’avons mentionné plus haut, la responsabilité du centre musical de la ville, a entendu parler de l’histoire de Anissa et, et connaissant sa grande valeur en tant que musicienne, demanda au Calife de la lui céder pour pouvoir faire profiter le centre qu’il gérait de ses qualités musicales. Ce dernier accepta et la jeune fille se trouva dans un autre milieu, beaucoup moins hostile. Au contraire, ce milieu était tellement accueillant et en accordance avec sa personnalité cultivée que la jeune Anissa, qui fut surnommé Khalida (il était très fréquent, à l’époque, de changer de prénom ou d’adapter des surnoms), retrouva non seulement le sourire et la joie de vivre, mais aussi ses formes et son aspect physique initiaux ainsi que sa merveilleuse beauté.

Un jour, Ishak El Moussili, pour montrer au Calife l’évolution de son travail au sein du centre musical dont il était le maître, invita Haroun Rachid à un dîner suivi d’une représentation musicale animée par ses élèves.

Le Calife accepta avec joie et il se donnèrent rendez-nous dans un mois, à la de mande d’El Moussili, pour lui permettre de bien organiser la fête.

En rentrant au centre il appela la jeune femme, désormais nommée Khalida, lui fit part de son accord avec le Calife, et connaissant toutes ses capacité, lui demanda de prendre en charge l’organisation de cette soirée. L’opération dura quelques jours et Khalida faisait un travail exceptionnel : changement de couleur de la peinture, perfectionnement des arabesques et de l’architecture, permutations des meubles, introduction de nouvelles décorations entre autres… pour combler le tout, elle prépara, dans la grande salle de réception du centre, un endroit dans lequel les musiciens présenteraient leur répertoire, un périmètre légèrement relevé du sol et doté d’un rideaux qui serait écarté au commencement de la représentation musicale. C’est ainsi que naquit la première scène artistique au monde.

Le jour prévu arriva. Le Calife vînt, dîna et fut très impressionné par les nouvelles dispositions et l’architecture de l’endroit qu’il connaissait autrement.

« Maintenant, passant, si vous le voulez bien, à la musique », prononça El Moussili. Le rideau s’écarta pour faire découvrir au Calife un ensemble de femmes très belles dont la chanteuse principale était la plus attrayante par son immense beauté et son charme paradisiaque. C’était Khalida mais Haroun Rachid ne la reconnut pas car elle s’était complètement métamorphosée par rapport à celle qui était dans son Harem. L’orchestre entama le Dil, car Khalida savait pertinemment que le Calife adorait ce mode musical. En entendant chanter la jeune femme, Haroun Rachid s’est, d’une part, demandé comment cette belle chanteuse savait-elle que le mode Dil était son préféré, et il s’est dit, d’autre part, que cette voix lui était familière. Après un moment de concentration, il comprit. Cette très belle femme sui était devant lui entrain de chanter de sa douce voix mielleuse n’était autre qu’Anissa, la fille qu’il avait jeté hors de son palais, sans chercher si elle était coupable ou innocente de ce qu’on l’accusait. Le Calife réalisa l’ampleur de son erreur, mit la paume de sa main sur sa joue et posa son coude sur sa cuisse. Voyant cette scène, Khalida réalisa que le Calife avait tout compris. Alors elle chanta, pure improvisation, la célèbre poésie que nous connaissons et apprécions aujourd’hui dont voici le texte :

 

وغيـــــرك في هنـــــــــا

 

لاش تـلقي يـــدك لـخــــدك

 

دخــلوا النـــاس بيننــــــــا

 

مـا هـو إلا مـن وعــــــــدك

 

حــــــكم الله مـولانــــــــا

 

آش هــو في قــصـــــــدك

 

 

و مــا فيـه من ثمـــــــار

 

الجنــان يعـرف جنـــــلني

 

 

و من بـاعـني خســـــــر

 

اربـحني من شـــــــراني

 

قـالـوا النــاس ارجع نــــــادم

 

من بـاعني بغيــر قيـمــــــة

 

يـا أخـي في روحـــه انـتــــقم

 

جــــاء يـعمــل نقيـمــــــة

 

و فيهـــا سعـدي استـــنــــقم

 

وابن حجـة كانت سقيـمــــــة

 

 

و يـقنـــــع بـالنظـــــر

 

و هـو يـطمـع يــــــراني

 

 

و صـارت في يـد آخـــــ،ر

 

في يـده كـانت عنـــــاني

 

               

 

         la soirée termine, le Calife, homme juste qu’il était, se dirigera vers Khalida, la pria de l’excuser pour ce qu’il lui avait fait subir et lui demanda de revenir au palais. Khalida déclina l’offre très poliment et très respectueusement, lui faisant savoir qu’elle était très heureuse dans le milieu où elle vivait.

         Je vous laisse le soin d’admirer et de conclure.

Par الريـاض
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Mercredi 3 décembre 2008

Cheikh Hadj Larbi Bensari ( 1872 – 1964 )

Par: Omar Dib.

Il a connu l’émerveillement des fêtes et les réceptions grandioses qui rappellent la magnificence des cours royales du sultan poète Abou Hammou Moussa II, des soirées du palais d’El Mechouar «  passaient les habits brillants, les broderies, les lumières reflétant dans les miroirs dorés des élégants costumés aux gestes raffinés… ». C’est cette vie où les êtres offrent un visage radieux qui a permis à Cheikh Larbi Bensari de donner de prodigieux chefs d’œuvres.

Issu d’une grande famille traditionnelle, ce fils de fellah est né en 1872 dans une vieille maison située au cœur du quartier des Ouled Sidi el-Hadj, au pied du majestueux plateau de Lalla Setti qui veille sur le pays tlemcénien. Jusqu’à la fin de sa longue vie Hadj Larbi usera, dans ses conversations familières, d’expressions - et de mots savoureux caractéristiques de sa « haouma », son faubourg béni !

Sa mère, Mehtari Mama, et son père Hadj M’hammed ben Mohammed ben Hadj Boumédiène Bensari (1) habitèrent par la suite à Sidi Messahel, près d’Ab’Rhih aux abords de la ville, où ils élevèrent six garçons et deux filles. Paysan modeste, dur à la tâche, homme honnête et pieux, Hadj M’hammed travaillait quelques arpents de terre – sous les vieux remparts de la cité – aidé de temps à autre de son épouse ; tous deux, profondément attachés à la religion et à ses usages, - on lisait assidûment le Saint Coran chez les Bensari - ils inculquèrent à leurs enfants l’amour des valeurs de leur peuple et le respect de ses traditions.

Le jeune Larbi découvrit très tôt l’environnement féerique de l’antique Pomaria. Capitale, durant plusieurs siècles, du plus puissant royaume algérien, la merveilleuse Perle du Maghreb, joyau des Banû Ziane, était, en cette fin du XIXème siècle, occupée par l’étranger. Sous ses voiles de tristesse la cité martyre, patrie des arts et des sciences, demeurait cependant toujours belle.

Les vestiges du jardin royal d’El Hartoun ou « Koudiate el Ouchâq », refuge des poètes et des marginaux, ce qui restait « des magnifiques édifices » autrefois splendides,ainsi que les bois sacralisés et inviolables de Sidi Yacoub, abritaient les tombeaux des princes et des princesses Zianides ; parfois, le promeneur déambulant entre les sentiers du cimetière Cheïkh Sanouci découvre, au détour d’un chemin, de modestes pierres tombales sur lesquelles on pouvait déchiffrer le nom d’un homme célèbre : celui–là conquérant héroïque sous la bannière du grand Yaghmoracen, cet autre, général de l’Emir intrépide et celui-ci, compagnon du noble Messali Hadj. Des hommes de science et de savoir, des écrivains illustres et des héros sont nés dans ce pays et ont vécu ici… C’est dans cet univers que Larbi, adolescent, évoluait : les arbres et les nombreuses sources, les champs et les jardins multicolores de Sidi Saïd et de Fedden Es-Bâa, de Boudghène, de Mansourah et de Riat Makhoukh, les cerisiers de Sidi Tahar et les oliviers d’el-Bâal, la splendeur des vergers d’el-Aubbade et de Sidi Boumédiène « El-Ghout », répètent encore – pour qui sait entendre – l’écho des chants et des poèmes écrits par « les orfèvres du verbe et les tisserands de la rime ».

Ces mélopées magnifiques, tissées dans la trame de notre conscience commune et qui remplissaient notre mémoire, c’est le grand père de Larbi qui les fredonnait à longueur de journée : il révélait ainsi à son petit fils les chefs d’œuvres de la littérature nationale, laquelle était, du reste, l’objet d’un véritable culte familial à Tlemcen.



Larbi fréquentera, dans le même temps, les deux écoles de son quartier : la coranique et la coloniale. Garçon éveillé, il remarquera très vite les profondes différences entre ce qu’on lui enseigne sur les bancs de la classe et la vie quotidienne qu’il mène, avec les siens, dans la rue ou bien à la maison. Depuis lors, Larbi ne cessait de recevoir des chocs, les plus douloureux et les plus blessants pour sa sensibilité de jeune algérien profondément attaché à ses traditions religieuses et nationales : cela, il ne devait jamais l’oublier. De là datent, à l’évidence, les prémices d’une conviction qui allait devenir irréductible : il fallait mener une lutte de tous les jours, un combat de chaque instant, sans merci, pour tenter de rester soi-même !

Il grandissait entouré de l’affection des siens, dans une solide santé morale et physique, au milieu de gens simples et bons. En accompagnant son grand père – un flûtiste émérite qui le traitait comme un ami ou à l’égal d’un confident – dans de longues randonnées pédestres, il allait de découverte en découverte. Toutefois, ses études ne sont pas particulièrement brillantes ; il ne tardera pas, d’ailleurs, par devenir un élève franchement dissipé !

Sa mère, la première, se plaignit qu’il ne s’intéressât qu’à la musique ; avec cette sensibilité maternelle qui n’appartient qu’aux mamans dévouées et consciencieuses, elle devina que son fils n’avait pas seulement un penchant pour cet art, mais que cet attrait devenait chez lui comme une sorte de nécessité dont il ne pouvait se passer ! Larbi est un garçon gai, facilement enjoué certes mais c’est aussi un caractère entier, terriblement posé, la nature l’ayant doué d’une capacité de réflexion assez singulière. Il est vaillant, droit, rêveur parfois mais sait aller vers l’essentiel. Ce n’est pas un impulsif : il pèse le pour et le contre, mûrit ses opinions. Quand il voulut, à quatorze ans, devenir irrévocablement musicien, il exécuta sa décision quelques fussent les oppositions et les difficultés rencontrées ; les colères de son brave père, sur ce sujet, font partie de sa légende !

Le premier contact que Larbi eut avec un orchestre, celui des célèbres frères Mohammed et Ghouti Dib, fut pour lui un enchantement :

« - J’étais, dira-t-il plus tard, comme quelqu’un qui sort de l’ombre vers la lumière. J’ose l’avouer, je me trouvais dans un état d’excitation que je ne pouvais contenir ; il me sembla que j’allais exploser d’allégresse ! Ensuite, à l’instant où je commençais à égrener mes premières notes de S’nitra, sans trouble ni crainte, sous le regard aussi vigilant que sévère du grand maître Cheïkh Mohammed Dib ( Que Dieu lui Accorde Sa Clémence ), je reçus une impression agréable où dominait une espèce de prémonition qui s’imposa à mon esprit ; je sus que là était mon avenir, au milieu des musiciens, baigné de mélodies. Et quoi qu’il puisse arriver, j’allais m’engager dans cette voie pour toujours, prenant le seul chemin qui me convenait, celui de mon destin : je m’apprêtais à devenir, pour les jours et les saisons à vivre, le plus heureux des hommes ! »

Mais cette vocation, cette inclination pour la musique, bien que merveilleuse, n’était tout de même guère de nature à lui procurer une situation. A-t-on vu l’art nourrir son homme, surtout en ces temps de misère ? Il fallait coûte que coûte trouver un métier, mais lequel ? Et pourquoi pas celui de barbier ?

Ce choix assez surprenant était, à vrai dire, dicté par une raison bien simple : le patron qui consentit à engager le jeune Larbi ne le fit pas simplement pour assurer la vie matérielle de son protégé, mais il offrit, par ce curieux stratagème, à l’adolescent piaffant d’impatience, le meilleur alibi pour continuer à fréquenter le milieu des musiciens ; en effet, ce barbier n’était autre que le fameux Cheïkh Guellil Benchabane Mohammed, plus connu sous le sobriquet de Boudelfa (2).

A dater de ce jour, Larbi Bensari entama une carrière prodigieuse qui allait le propulser au faîte de la gloire.




 

Nous avons recueilli les témoignages de musiciens reconnus qui ont travaillé sous sa direction ; le premier, Cheïkh Hadj Mohammed Bouali attestait :

«  - La beauté majestueuse et triomphale de la Grande Touchia, l’une des plus grandioses par l’abondance des moyens instrumentaux, ainsi que son allure rythmique s’épanouissaient sous la direction de notre grand maître qui savait, grâce à sa technique parfaite et magistrale, par son style ample lui garder cette richesse tonale inimitable. »

De son côté Omar Bekhchi affirmait :

«  - S’il faut citer un exemple qui illustre un jugement sur l’art de mon maître il suffit de rapporter les propos que nous répétait le vénérable Moulay Djilali Ziani : je ne sais s’il a pu exister une version aussi parfaite de la Noubet el Ghrib, je crois que l’interprétation de Cheïkh Larbi Bensari est parmi les plus belles que l’on connaît ! Dans son exécution on sent une richesse à la fois d’érudition et de technique musicales, et puis la maîtrise instrumentale est si parfaite qu’elle me semble inégalable !…Ajoutons à cela que l’on demeure émerveillé que la voix de Redouane, le fils chéri du maître, soit capable de créer une telle sensation de perfection et de talent majestueux joints à une immense intelligence artistique qui tend vers le sublime ! Y aurait-il dans tout cela comme une impression de lumière d’une douceur angélique que je serais le premier à le croire ! 

D’abord, avez-vous entendu le père et le fils chanter du Haouzi, de Bentriqui, d’Ibn M’saïb ou de Bensahla ?..Ils dépassent le brio des virtuoses pour rendre l’effusion de ces morceaux gonflés d’amour, frémissants de désir, romancés de poésie et de délicatesse, puis lancés comme une complainte émouvante, comme un chant intérieur, profond, intarissable que nous ressentons et partageons avec les poètes dans leur quête épuisante vers la beauté… »

Cheïkh Bensari a vécu au service de l’art de son pays ; il joua un rôle inestimable dans le maintien des traditions musicales algériennes en particulier – et maghrébines en général. Artiste génial, homme de culture, poète, il assuma ses fonctions d’intellectuel au sein de la société, c’est à dire que dans la part de lutte qu’il a mené brille l’homme d’esprit, le politique – au sens noble du terme -, le témoin de l’histoire et plus simplement le type même de l’algérien idéal : le bon fils, le bon époux, le bon père !

Ne fut-il pas également un personnage qui servit de lien entre le passé d’une nation et son devenir ? Ambassadeur d’une civilisation maintes fois millénaire, il fit apprécier notre musique dans plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie, interprétant des œuvres admirables, des noubas grandioses, faisant vibrer d’émotion les peuples et les grands de son temps ! Au lendemain de l’indépendance il dirigea des concerts qui nous apportèrent, en plus du plaisir de savourer notre art, ce précieux sentiment de fierté d’être enfin nous-mêmes.

« - …il apparaît comme un élément constitutif d’une longue chaîne dont le début plongeait logiquement dans l’arrivée des musulmans d’Espagne en Algérie, et dont le prolongement finissait de vivre dans les veines de ceux qui, à des âges différents, continuaient une tradition qui donne à la culture musicale tlemcenienne ses titres de noblesse… » (3)

Assurément, il fut l’un de ces « hommes admirables qui, recevant le mobile, en l’occurrence la musique andalouse, d’un maître, préparaient de jeunes disciples, lesquels, à leur tour, continuaient la ronde du temps, le cycle commencé » il y a des siècles. (4).

Au reste, c’est un personnage de légende - tant son mérite est important ; il ressemble à ces héros qui «  gravent dans la mémoire du peuple le souvenir de sa grandeur, et dans sa conscience le devoir continuel de la rétablir. » (5)

Voilà qu’un autre fait, nous reportant en arrière, resurgit : « - D’entre les scènes marquantes qui nous reviennent en mémoire, évoquons la visite agréable que fit l’immense musicien, Hadj Larbi Bensari, aux « Amis du livre » ; c’était au cours du premier mois de Novembre de notre indépendance.

Sous l’ombre des platanes tutélaires, je longeais les remparts de l’antique palais royal du Méchouar ; alors même que je descendais la superbe avenue, à nulle autre pareille, j’eus l’agréable surprise de rencontrer le vieux maître ! Bien évidemment, je le saluais avec tous les égards qui lui étaient dû.

S’appuyant alors sur mon bras, le vénérable artiste tint à faire quelques pas en ma compagnie. Je dois dire que chaque fois que j’avais eu le bonheur de le croiser, il saisissait toujours l’occasion pour me parler de mon grand père, cheïkh Mohammed Dib, qui fut son maître et son ami à la fois…

Chemin faisant, je ne sais comment nous nous trouvâmes devant la porte des « Amis du livre » ! Si El Hadj tint à visiter la bibliothèque. De prime abord, il parut impressionné par le nombre d’ouvrages qui garnissaient les imposantes étagères propres et bien entretenues. Il s’en approcha, s’attardant plus particulièrement devant les titres en arabe ; mentirais-je si j’avoue aujourd’hui que je fus abasourdi par les questions qu’il posa :

«  - Y avait-il des traductions des Foutouhats d’Ibn Arabi, demanda-t-il intéressé ? Et celles des Mawaqifs de l’Emir Abdelkader ? Disposions-nous d’un diwan des œuvres de Sidi Boumédiène El Ghout ? »

Ce jour-là je sus que Hadj Larbi Bensari – en plus de cet art immortel dont il reste le dépositaire et le garant - était assurément un fin lettré, un soufi probe et vertueux ! » (6)


 


Cheïkh Larbi Bensari «  héritier de l’école de Gharnata, artiste persévérant et studieux » (7) s’est éteint le 24 Décembre I964, à Tlemcen, à cinq heures !

«  - Maintenant qu’il n’est plus parmi nous, nous constatons un vide considérable qui nous entoure, et nous avons quelques fois une sensation de solitude et d’angoisse à l’idée que lui, le maître absolu, le fidèle gardien des trésors du passé a disparu. » (8)

Cependant, si la musique classique algérienne se perpétue dans sa magnifique majesté, c’est « grâce à la volonté, au goût, au génie des grands artistes qui se sont succédés, au générations qui les ont admirés, ainsi qu’à la valeur de cet art que la patine des siècles a rendu plus sublime. » (9)

Pour finir, je n’hésiterais pas à rapporter le passage d’une citation en la faisant mienne :

«  - Et lorsqu’il n’y aura plus aucune trace de ceux qui, par leur pouvoir ou leur argent, dominaient le monde, lorsque le corps de tous les puissants d’aujourd’hui ne sera que poussière, et enfin lorsque l’oubli effacera des mémoires jusqu’à l’existence de ceux-là, on continuera toujours à vivre sous l’enchantement merveilleux de cet art musical que nos maîtres artistes ont perpétué dans la chaîne ininterrompue des musiciens exceptionnels – car il faut de ces êtres pour que l’humanité progresse ; ils forment chacun un maillon indestructible pour le plaisir du cœur, pour la sérénité de l’âme ; de même qu’ils tiennent, à la disposition de chaque mélomane, comme une porte éblouissante toujours ouverte sur l’éternité ! »

 



Notes :

  1. Arbre généalogique N° 1563 de la commune de Tlemcen.

  2. - Koceïl Amazigh-« Deux grands maîtres de la musique classique algérienne » - Editions AVT, 1985.

  3. Mohammed Souheïl Dib : « Essai sur l’art musical à Tlemcen ».

  4. Abdelhakim Meziani :  « Mon royaume pour Tlemcen » ; le Matin du 6-4-1993

  5. Koceïl Amazigh, opus cité, page 19.

  6. Omar Dib : «  Les Amis du livre : fleuron du mouvement culturel national » - sous presse.

  7. Abdelkader Djemaï : « Un chant, une mémoire »- El Djoumhouria du 23-12-1992

  8. Rabah Saad Allah : El Moudjahid Culturel du 19-12-1976

  9. Koceïl Amazigh, opus cité, page 35.

Par الرياض
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Dimanche 23 novembre 2008

تشرفت الجمعية بالدعوة التي وجهت لها من اللجنة المنظمة للدورة 17 للمهرجان الدولي للطرب الغرناطي والمنظم بمدينة وجدة الشقيقة من 12 إلى 15 جوان 2008، تحت شعار "الفن الغرناطي أصالة وتواصل'.

 

Photo Souvenir suite à la cérémonie d'ouverture

du Festival.

 

شاركت في إحياء سهرات هذا المهرجان إلى جانب جمعية رياض الأندلس، ريم حقيقي من الجزائر و الشيخ الحاج أحمد بيرو من الرباط مجموعة من الفرق والجمعيات الوجدية، جمعيات برهنت على قدرات كبيرة في أداء النوبة بكل مستلزماتها وشروطها، ولعل من أفضل الأمثلة على هذا البرنامج الذي قدمته 'جمعية الإسماعيلية' لمدينة وجدة و المتمثل في نوبة غريبة الحسين تألق عناصر الجمعية في أدائها رغم قلة المراجع التي قدمت هذه النوبة، أو الحوزي الرائع الذي أتحفت به 'جمعية نسيم الأندلس' لمدينة وجدة بقيادة الأستاذ عمر شهيد جمهور المهرجان.

 

Association Nassim El Andalous d'Oujda

sous la Direction de Mr. Chahid Omar.

 

تميزت فعاليات المهرجان الذي امتد على خمسة أيام بتنظيم سهرات فنية عائلية بمسرح الهواء الطلق الكائن بمجمع لالَّة مريم الثقافي الرائع، كما تخلل المهرجان تنظيم ندوة حول دراسة ' السبل الكفيلة بتوثيق التراث الفني الغرناطي' بدار السبتي. كما تم تنظيم مباراتين في العزف والإنشاد لفائدة الموهوبين الذين تتراوح أعمارهم بين 8 و14 سنة، أضف إلى كل هذا الوقفة التكريمية التي خصت أحد رجالات وجدة البررة، وأحد القائمين على الطرب الغرناطي على مدى عقود من التفاني والمثابرة، الأستاذ الشيخ محمد بن عبد الله.

 

Scène du Festival

Sénce de mise au point technique.

 

إلى جانب البرنامج الثري والمشاركات القيمة تجدر الإشارة إلى المستوى العال من التنظيم والاحترافيةالكبيرة التي أظهرها القائمون على المهرجان وعلى رئسهم المدير الجهوي لوزارة الثقافة بالجهة الشرقية السيد محمد القدوسي الذي برهن على قدر كبير من الإلتزام وروح عالية من الأخوة والتضامن وكرم الضيافة.

 

Mr Hassen Bellasri

هواة الطرب Chef d'Orchestre Association Houat Ettarab

 

 Dr. Ahmed Thanthaoui

Cours aux élèves de l'Association 'Moussilia'

 

 

كما لا تفوتنا الفرصة للتنويه بالمستوى العالي الذي أظهرته كل الجمعيات الوجدية، وبالإلتزام والتفاني الذي أظهره القائمون عليها، من الدكتور أحمد طنطاوي رئيس جمعية الموصلية والذي تشرفنا بالإطلاع على رسالة الدكتوراه التي قدمها بامتياز والتي خصصها للطرب الغرناطي، إلي السيد حسن بلعسري الذي برهن على شجاعة كبيرة وقدرات تنبئ بمستقبل زاهر للبراعم والشباب الذين يكونهم ضمن جمعيته 'جمعية هواة الطرب'، ونصر الدين شعبان إبن الشيخ صالح شعبان والذي أظهر مستوى كبير من الإحترافية وقدرات كبيرة على التكوين وأفضل دليل على هذا المستوى الكبير الذي ظهر به شباب 'جمعية أحباب الشيخ صالح' التي يقودها، أو الجائزتين من أصل ثلاث جوائز التي حصل عليها تلامذته في إيطار مباريات العزف والإنشاد المنظمة بمناسبة المهرجان.

 

 

 

 

 

Enregistrement Amateur de la prestation de Ryad El Andalous

 

Programme du Festival 

 

En coordination avec le Conseil municipal de Ouajda, Le Ministère de la culture organise le 17em festival du gharnati du 12 au 15 juin 2008 à Ouajda. (parc Lalla Meryem, dar sebti, prison d'Ouajda, complexe culturel de Jerada). Un nombre des groups marocaines et etrangères animeront ce festival musical.   

 

Le Programme

Le 12/6/2008

A 17 heures : dar sebti : ouverture officielle du festival
                        - Hommage à une personnalité artistique
                        - Allocutions d'ouverture
                        - Pièce de musique gharnatie du groupe :" BALABIL "
                        - Pause café
A 21 heures du soir :
                     Au  parc lalla Meryem : 1ère soirée artistique  animée par :
                      - Groupe "SALAM "d'Oujda
                      - Association "alMaoucilya" d'OUJDA
                       - Groupe" RYAD ALANDALOUSS" de
                                      TLEMCEN d'ALGÉRIE

Le 13/6/2008


A 10 heures du matin : dar sebti :
                      -  Table ronde sous thème :" les démarches vers
                                          la documentation de l'art gharnati"
 à 15 heures : prison d'Oujda :
                     -  spectacle musical donné par le groupe :" SALAM"
à17 heures : complexe culturel de Jerada :
                     -   spectacle musical  donné par
                            l'association  "HOUAT TARAB"

à 21 heures  du soir :
               au  parc lalla MERYEM : 2ème  soirée artistique animée par :
                      - groupe " NASSIM ALANDALOUSS"
                       - association  "ALISMAILIA " d'Oujda
                       - groupe de RYM HAKIKI d'ALGER , d'ALGÉRIE

le 14/6/2008 :

à 10 heures du matin : dar sebti
                       - compétition nationale des chants et rythme
à 21 heures du soir : :
au  parc lalla MERYEM : 3ème  soirée artistique animée par :
                       - association "ALANDALOUSSIA " d'Oujda
                       - groupe " ZIRYAB" d'Oujda
                       - groupe "HOUAT " d'Oujda

le 15/6/2008 :
à 21 heures du soir : :
              au  parc lalla MERYEM : 4ème et dernière  soirée artistique animée par :
                       -  orchestre  de RABAT présidé par Ahmed PIROU
                        - groupe " LA CICADA " d'Oujda
                       -  groupe " AHBAB CHEIKH SALEH " d'Oujda
                        - clôture du festival par :
                             -  la distribution des prix  de la compétition
                             - lecture du message d'allégeance
                              adressé à SA MAJEST2 LE ROI  MOHAMED SIX
                             - allocution de clôture

  http://www.minculture.gov.ma/fr/fest_gharnatie2008.html

 

 

Liens: 

 

 

http://www.casafree.com/modules/news/article.php?storyid=18963 

http://www.avmaroc.com/pdf/ouverture-oujda-eme-actualite-a131457-d.pdf 

 
Par الريـاض
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Jeudi 22 mai 2008

L’Association Musicale  «RYAD EL ANDALOUS » a été crée le 06 avril 1977 dans le but de contribuer à la sauvegarde et à la diffusion de la Musique Classique Algérienne et de participer au renouveau de la culture et de l’art andalous. 

    

                   Feu Cheikh Mohamed MALTI Directeur Technique de l'Association de 1977 à 2008.

Riche de l’expérience de quelques musiciens chevronnés, tous amateurs, l’Association « RYAD EL ANDALOUS » s’est fait une bonne place dans le monde de la musique classique grâce au travail inlassable au sérieux et au dévouement de son jeune et dynamique comité  qui dispense des efforts dignes d’éloges dans le sens, non seulement de la conservation de notre patrimoine musical mais aussi dans celui de l’exhumation de certaines œuvres  qui  risquent  de  sombrer  dans  l’oubli .

Une  Ecole de musique ne se contente pas d’enseigner, de faire apprendre ce qui est déjà connu, répertorié, mais de s’adonner à un travail de recherche destiné à rendre à certaines pièces déformées par une interprétation trop subjective ou personnelle, leur juste, authentique. C’est dans cet ordre d’idée qu’une recherche sur les arrangements rythmiques par exemple, le réajustement sur le plan de la constitution linguistique, sémantique de la pièce poétique, demeure le souci constant du groupe de recherches de notre association.




 

Orchestre Ryad El Andalous 1981





Depuis sa création, l’association eut l’honneur de participer aux manifestations  suivantes :

1 – Festivals :

-        Festivals de la musique à Tlemcen depuis 1978.

-        Festivals du Malouf à Constantine 1983 et 1984.

-        Festivals de la musique Classique à Oujda  1988.

-        Festivals de la musique andalous du printemps à Alger 1987 , 1996 et 1999.

-        Festival de la musique Classique à SKIKDA 1997.

 

 



















Grand Orchestre de Tlemcen sous la direstion de cheikh Mohamed MALTI


2 - Commémorations :

 

 

-         Cheikh Larbi BENSARI     1982 et 1985.

-         Cheikh Mustapha BELKHODJA   1981

-         Cheikh Kheireddine ABOURA    1981

-         Cheikh Mustapha SENOUCI  BRIXI  1998

 











Orchestre Ryad El Andalous "Année 80"













3 – Hommages et Anniversaires :

-  Cheikh Abderezak FEKHARDJI (Hommage organisé à Alger par l’association Fekhardjia  1984).

-  Invitation d’une association musicale de Fès (MAROC) (14 ème Anniversaire de l’association RYAD EL ANDALOUS 1991).

-  Cheikh Hadj Mustapha BRIXI  (Hommage organisé à Tlemcen par l’association RYAD EL ANDALOUS 1997).

-  Cheikh Hadj Mustapha BRIXI  (Hommage organisé à Oran par l’association NASSIM EL ANDALOUS 1998).

-  Invitation à l’occasion de l’anniversaire de l’association AWTAR TILIMSEN.




Ryad
El Andalous 2001.















4 – Enregistrement :

-         Au niveau de la RTA  Février 1984.

-         2 CD ( Sika  et Ghribet H’sine ) 2000 .

-         émission pour Canal Algérie   2001.

                              -         1 CD  (Ghrib/ Haouzi ) 2002.

                              -         2 CD (Zidane et M’dih) 2003.

 

                                     Ryad El Andalous Avril 2008



PALMARES

v     1978    Festival des arts populaires  Alger  3éme Prix.

v     1987    Festival de Printemps d’Alger  1 er   Prix.

v     1988    Festival International de la musique Classique  Oujda  1er Prix.

v     1989    Festival de Printemps d’Alger 2 ème  Prix.

v     1996    Festival de Printemps d’Alger  1er   Prix.

v     1997    Festival de la musique andalouse à SKIKDA 1er Prix.

v     1999    Festival de Printemps d’Alger  1er   Prix.

Par الريـاض
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